17 %. Voilà l’augmentation constatée en 2023 des offres d’emploi pour les analystes en cybersécurité en France. Dans le même temps, les ingénieurs logiciels voyaient leurs recrutements progresser de 14 %, d’après les chiffres de Pôle emploi. La pression monte sur le marché du travail, reflet d’un environnement où les besoins évoluent à grande vitesse, dopés par la transformation des entreprises et la multiplication des menaces numériques.
Face à cette ruée, certaines entreprises n’hésitent plus : elles proposent des salaires d’entrée supérieurs de 10 à 15 % pour les spécialistes de la cybersécurité, provoquant ainsi un déséquilibre inédit avec les profils plus classiques de l’ingénierie logicielle. Les priorités des recruteurs changent, et la hiérarchie des métiers IT les plus demandés pour 2024 et 2025 s’en trouve bouleversée.
Panorama des métiers IT les plus recherchés en 2024 et 2025
Impossible d’ignorer la montée en puissance des profils spécialisés dans le secteur IT. Les analyses récentes de Michael Page le confirment : l’architecture cloud, la gestion de projets et la sécurité informatique concentrent l’essentiel des recherches. Parmi eux, les ingénieurs DevOps s’arrogent la première place, avec des rémunérations allant de 38 000 à 130 000 euros. Ce positionnement traduit l’urgence pour les entreprises de fluidifier la gestion et le déploiement de leurs infrastructures.
Le cloud s’impose partout et l’ingénieur cloud devient une figure centrale, aussi bien dans l’IT que dans les télécoms ou la tech. Les meilleurs experts touchent jusqu’à 150 000 euros par an. Autre profil très sollicité, le data scientist s’avère indispensable pour exploiter la donnée, notamment dans la finance, la santé connectée ou la technologie. Les salaires s’échelonnent ici de 35 000 à 120 000 euros.
Sur le versant du développement, les développeurs Java et full stack demeurent essentiels. Leur rôle ? Concevoir des applications sur mesure, relier front-end et back-end, assurer la robustesse des systèmes. Les rémunérations suivent la flambée de la demande : entre 35 000 et 120 000 euros pour les profils aguerris.
En parallèle, la cybersécurité s’impose comme un pilier, portée par la multiplication des attaques et des contraintes réglementaires. Les entreprises recherchent activement des experts en cybersécurité, analystes SOC, pentesters ou RSSI, avec une fourchette de salaires comprise entre 35 000 et 130 000 euros. Ce tableau montre bien deux dynamiques complémentaires : la transformation digitale exige des spécialistes du cloud et de la donnée, pendant que la menace cyber crée une concurrence féroce pour les profils de la sécurité.
Cybersécurité ou ingénierie logicielle : quelles différences dans la demande des entreprises ?
Les besoins des entreprises s’orientent clairement : d’un côté la cybersécurité, de l’autre l’ingénierie logicielle. La première concentre ses efforts sur la protection des systèmes et des données. Les experts en cybersécurité, analystes SOC, pentesters, RSSI, consultants et architectes, multiplient les audits, les tests d’intrusion, les plans de défense. Le terrain les consacre indispensables, tant la cadence des attaques s’accélère. Les organisations ne se contentent plus de solutions toutes faites : elles veulent des architectes de la sécurité, capables de penser des infrastructures numériques solides et résilientes.
L’ingénierie logicielle, elle, mobilise développeurs, architectes, ingénieurs et chefs de projet dans une dynamique de création. Ici, il s’agit de concevoir et livrer rapidement des applications, des plateformes, des outils métiers. Les développeurs full stack et Java sont au cœur de cette transformation, capables de passer du front-end au back-end, et d’incarner l’agilité technologique exigée par les entreprises.
Voici comment se répartissent les missions et priorités :
- La cybersécurité se concentre sur la réactivité : bloquer, anticiper, surveiller les menaces.
- L’ingénierie logicielle mise sur l’innovation, la performance et la transformation numérique.
La maturité numérique des entreprises oriente leur priorité. Dans les secteurs soumis à une forte régulation, finance, santé digitale, la sécurité informatique prend le dessus. À l’inverse, dans les start-up, les éditeurs de logiciels ou l’e-commerce, l’accent reste mis sur le développement logiciel et la capacité à transformer une idée en produit opérationnel. Les profils les plus recherchés sont ceux qui naviguent avec aisance entre compétences techniques pointues et compréhension stratégique des enjeux métiers.
Pourquoi ces professions connaissent-elles une telle évolution sur le marché de l’emploi ?
L’accélération de la transformation numérique bouleverse les attentes en compétences IT. Le cloud, la data, l’intelligence artificielle redessinent les usages. Partout, des entreprises de la santé à la finance, en passant par la tech et l’e-commerce, renforcent leurs équipes pour suivre la cadence du changement et sécuriser leurs actifs numériques.
Le cloud computing s’impose, avec une exigence forte : maîtriser la sécurité et l’architecture à grande échelle. L’ingénieur cloud doit ainsi jongler avec la gestion d’environnements distribués et sécuriser chaque flux. Les spécialistes capables de relier automatisation, analyse de données et sécurité s’arrachent. Le data scientist joue sur plusieurs terrains : analyser des volumes massifs de données pour guider la stratégie, tout en respectant la réglementation.
Pour illustrer cette évolution, voici les métiers les plus sollicités selon les secteurs :
- Dans les grandes entreprises, les experts en cybersécurité, analystes SOC, pentesters, RSSI, ont pour mission d’anticiper les attaques et de protéger les systèmes critiques.
- Dans la tech, la finance ou la santé, le développeur full stack ou Java est indispensable pour soutenir la transformation numérique et l’agilité organisationnelle.
Au fond, cette mutation du marché s’explique par l’interdépendance croissante entre technologies de pointe et impératifs de sécurité. L’intelligence artificielle, la massification des données, le cloud : chaque levier d’innovation porte son lot de risques. Les entreprises cherchent donc des professionnels capables d’anticiper, d’innover et de sécuriser, tout en gardant une vision métier affûtée.
Compétences clés à développer pour saisir les meilleures opportunités IT
La maîtrise des compétences techniques constitue le point de départ pour intégrer les métiers IT les plus recherchés, mais la spécialisation fait toute la différence. L’ingénieur DevOps combine automatisation, gestion d’infrastructure, orchestration, avec une expertise pointue en programmation et en outils de conteneurisation. Les profils qui savent piloter l’intégration continue et garantir la cohérence entre développement et exploitation sont très demandés.
Quant au chef de projet informatique, il doit jongler avec plusieurs compétences : gestion de projet, leadership, communication, et connaissance solide des technologies web. Sa valeur ajoutée ? Savoir coordonner des équipes pluridisciplinaires, anticiper les risques et piloter la livraison des projets. Les recruteurs privilégient une expérience concrète, appuyée par des certifications reconnues.
Pour l’ingénieur cloud, la connaissance approfondie des plateformes (AWS, Azure, Google Cloud), la sécurité des données et la capacité à automatiser les déploiements sont attendues. Les certifications cloud valorisent le profil. Le data scientist, lui, doit maîtriser la programmation, les statistiques avancées, le machine learning et l’analyse de données, tout en comprenant les spécificités de chaque secteur d’activité.
Du côté de la cybersécurité, la vigilance technique et réglementaire s’impose : analyse de risque, cryptographie, surveillance des systèmes, connaissance des normes. Ceux qui savent aussi former et sensibiliser les équipes deviennent des alliés clés dans la défense des actifs numériques.
Dans cette bataille pour les talents IT, une chose est claire : la maîtrise technique ne suffit plus. L’avenir appartient à ceux qui savent évoluer, anticiper et conjuguer expertise et hauteur de vue. À chaque mutation numérique, une nouvelle opportunité, ou un nouveau défi, se dessine.


