3 700. C’est le nombre de communes qui, en 2024, appliquent désormais la surtaxe sur la taxe d’habitation des résidences secondaires. Des villages côtiers aux stations de montagne jusque-là préservés, personne n’échappe plus à l’alourdissement de la facture. Certaines collectivités ajoutent leur propre couche, parfois via des surtaxes locales, tandis que d’autres proposent, sous conditions strictes, des exonérations à durée limitée.
La situation fiscale dépend du statut du logement, de la commune et de l’utilisation réelle du bien. À ces prélèvements s’ajoutent une ribambelle de frais qu’on oublie vite : contribution pour la collecte des déchets, charges de copropriété plus salées dans les zones touristiques, tout cela s’additionne sans pitié.
Résidence secondaire : un projet à long terme qui ne pardonne rien
Acquérir une résidence secondaire, ce n’est pas juste signer un compromis et récupérer les clés. C’est un engagement sur plusieurs années, parfois pour toute une génération. En France, plus de 3 millions de ces biens parsèment littoraux, montagnes et campagnes. L’appétit pour ce type de propriété s’accroît avec la tension du marché immobilier dans les zones tendues et la raréfaction des logements vacants.
Le rêve d’une maison de campagne attire, mais passer à l’achat exige une vraie lecture des réalités du terrain. Chaque commune applique ses propres règles fiscales, souvent relevées là où la pression immobilière fait grimper les prix. Transformer une résidence principale en secondaire, c’est découvrir de nouveaux coûts, parfois imprévisibles. Les propriétaires se retrouvent vite face à une mosaïque de taxes et de contributions, mais aussi face à des contraintes réglementaires qui évoluent au gré des décisions locales ou nationales.
La géographie pèse lourd : un bien niché dans une destination touristique ou une commune très demandée subit la fiscalité renforcée des dernières réformes. Certaines municipalités instaurent des surtaxes pour calmer la fièvre acheteuse, d’autres cherchent à freiner la prolifération des résidences secondaires afin de préserver la mixité. Acheter ce type de bien, c’est s’engager à anticiper les évolutions de la fiscalité, du budget et de la valeur patrimoniale, sur bien plus que le court terme.
Quelles dépenses prévoir vraiment avant d’acheter ?
Avant d’acheter une résidence secondaire, il vaut mieux étudier chaque ligne du futur budget. Une maison de campagne ou un appartement face à la mer, ce n’est jamais uniquement le prix affiché en vitrine. Les frais s’entassent, certains évidents, d’autres beaucoup moins visibles.
Frais au démarrage et financement
L’achat de résidence secondaire s’accompagne de frais de notaire, généralement entre 7 et 8 % du prix de vente dans l’ancien, auxquels il faut parfois ajouter les honoraires d’agence. Un prêt immobilier dédié multiplie les coûts : assurance, intérêts, garanties, et les conditions sont souvent moins avantageuses qu’en résidence principale.
Charges récurrentes et fiscalité
Le budget gonfle avec les charges de copropriété, l’entretien, le respect du DPE (diagnostic de performance énergétique), sans oublier les factures courantes. Sur le plan fiscal, la valeur locative cadastrale du logement sert de base au calcul des taxes à venir. Il faut aussi s’interroger sur la plus-value immobilière en cas de revente : l’abattement ne s’applique qu’après plusieurs années de détention.
Voici les principaux postes à surveiller dès le début :
- Frais de notaire et droits d’enregistrement à prévoir dès l’achat
- Charges déductibles : copropriété, entretien, travaux d’amélioration éventuels
- Fiscalité sur la revente : plus-value, abattement progressif en fonction de la durée de détention
- Dépenses énergétiques et éventuelles rénovations pour répondre aux dernières normes
Il faut garder la tête froide : l’achat de résidence secondaire révèle vite sa complexité quand on additionne fiscalité, charges fixes et frais annexes. La réalité financière dépasse largement la signature chez le notaire.
Tour d’horizon des taxes incontournables pour les propriétaires
Détenir une résidence secondaire, c’est accepter une fiscalité à part entière. Dès l’achat, le propriétaire rejoint le cercle de ceux qui s’acquittent chaque année de la taxe foncière. Cette charge s’applique à tous les biens bâtis, qu’il s’agisse d’un appartement en ville ou d’une maison de campagne. Le montant varie selon la valeur locative cadastrale fixée par la commune, créant parfois de gros écarts d’une région à l’autre.
Ensuite, il y a la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Pour ces biens, la suppression progressive de cette taxe ne s’applique pas : elle reste due, et dans les zones tendues, elle peut être sérieusement majorée. Certaines communes ajoutent une surtaxe pour endiguer la multiplication des logements vacants, ce qui renforce la pression fiscale sur les propriétaires.
Autre sujet à surveiller : la taxe sur les logements vacants. Elle vise les logements occupés moins de 90 jours par an dans les agglomérations où l’offre ne suit pas la demande. Enfin, pour ceux dont le patrimoine dépasse un certain seuil, l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) englobe la valeur totale de l’immobilier, y compris toute résidence secondaire.
Les principales taxes à prévoir sont les suivantes :
- Taxe foncière : due systématiquement, calculée sur la valeur cadastrale du bien
- Taxe d’habitation résidences secondaires : maintenue et parfois majorée jusqu’à 60 % en zone tendue
- Taxe sur les logements vacants : s’applique selon l’occupation effective et la localisation
- IFI : pour les patrimoines immobiliers dépassant 1,3 million d’euros
En cas de location meublée saisonnière ou d’usage strictement secondaire, certains régimes fiscaux modifient l’assiette de ces taxes. La réglementation locale, changeante, peut faire varier le montant à régler d’une année sur l’autre.
Anticiper les changements fiscaux et ajuster son budget
Les propriétaires d’une résidence secondaire naviguent dans un paysage fiscal en perpétuelle mutation, rythmé par les annonces gouvernementales et les débats au Parlement. Chaque automne, les projets de loi de finances déposés à l’Assemblée nationale réservent leur lot d’ajustements rapides : hausse de la taxe foncière dans certaines communes, modification du seuil de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), création de nouvelles contributions sur les logements vacants. Il faut garder un œil attentif sur les textes adoptés : chaque changement peut impacter le budget dès l’année suivante.
Intégrer ces évolutions dans la gestion de son patrimoine immobilier devient une nécessité. Plusieurs solutions existent pour limiter la pression fiscale. Monter une société civile immobilière (SCI) facilite la transmission et, dans certains cas, permet d’optimiser la fiscalité successorale. Examiner de près les charges déductibles et déclarer les revenus locatifs sous le régime le plus adapté (micro-foncier, réel) peuvent offrir de vraies marges de manœuvre. L’abattement forfaitaire appliqué aux loyers perçus en meublé atténue aussi la note fiscale.
Voici quelques réflexes à adopter pour mieux maîtriser la fiscalité d’une résidence secondaire :
- Vérifier régulièrement le seuil d’imposition à l’IFI (1,3 million d’euros de patrimoine net)
- Consulter les avis de la commune sur la fiscalité locale, surtout en zone tendue
- Choisir la structure de détention la plus pertinente (individuelle ou SCI) selon les objectifs familiaux
Multiplier les usages, louer en saisonnier, revendre en tenant compte de la plus-value immobilière : tous ces choix imposent de rester à l’affût des évolutions législatives et des mouvements du marché. L’équilibre se joue sur le fil, au rythme des lois et des opportunités.


