Réagir sereinement face à ceux qui nous blessent vraiment


Par Irene van der Zande, fondatrice Kidpower et directrice générale

Titre original : « Parlez de putsdown »

« Hé ! C’est humiliant ! « Oh ! C’est juste pour te taquiner ! Tu es trop sensible !

» Certains échanges blessent, et il faut être honnête : les remarques dévalorisantes pleuvent bien plus souvent qu’on ne veut l’admettre. Parfois, elles sont lancées sur le ton de la plaisanterie, sous couvert d’opinion ou de critique. Pourtant, quand une parole fait mal, la nommer demande du courage. Riposter à une moquerie, c’est tout un art : il faut trouver les mots justes, anticiper les réactions, et parfois choisir de se taire. Il y a des moments où répondre ne sert à rien, d’autres où c’est la seule chose à faire.

Qu’est-ce qu’une insulte ?

Une insulte, ce n’est pas juste un mot qui blesse : c’est une attaque, une humiliation, un geste qui rabaisse un individu ou un groupe. Que la cible soit présente ou absente, comprendre et stopper ces attitudes, que ce soit en famille, entre amis, au travail ou à l’école, revient à s’engager dans une démarche collective, un peu comme on s’efforce de réduire les déchets dans l’environnement. On ne peut pas tout éliminer, mais chaque geste compte. Si l’on réagit par une autre insulte, on ne fait qu’alimenter le cercle vicieux. Apprendre à rester clair, respectueux, persévérant, voilà la meilleure réponse face au mépris ou aux provocations.

Les moqueries prennent de nombreuses formes : paroles blessantes, gestes déplacés, mimiques, bruits, imitations. Elles mettent mal à l’aise, créent un sentiment de honte, visent parfois des différences pour rabaisser un groupe. Le harcèlement, c’est aussi semer le doute sur la réputation de quelqu’un par des propos dans son dos. Attention à ne pas tout confondre : il y a une différence entre exprimer un vrai besoin d’aide et attaquer gratuitement. Dans le second cas, il n’y a aucune volonté d’aller mieux, juste celle de blesser.

Comment répondre à une remarque blessante ?

Chez Kidpower, selon l’âge et la situation, voici des réponses concrètes que nous travaillons avec les jeunes et les adultes :

  • « Ce n’est pas drôle. Arrête, s’il te plaît. »
  • « Ce n’est pas sympa. Je n’aime pas ça. »
  • « Ce n’est pas cool. »
  • « Quel est l’intérêt de dire ça ? C’est juste pour blesser. »
  • « C’est méprisant. Stop. »
  • « C’est un préjugé. Pour moi, c’est inacceptable. »
  • « C’est méchant. Arrête ou je m’en vais. »
  • « C’est de l’intimidation. J’ai choisi de ne pas agir ainsi et je veux tenir parole. »
  • « C’est pénible. Tu vaux mieux que ça. »

Pour aller plus loin, nous encourageons aussi à formuler des limites plus développées, par exemple :

« Je sais que ce n’est pas ton intention de blesser, mais je me sens mal à l’aise quand tu fais ce genre de remarques. Merci de t’arrêter. »

Il faut aussi reconnaître que, parfois, garder le silence est la meilleure option. Face à une personne dangereuse ou agressive, il vaut mieux s’éloigner que de s’exposer inutilement.

S’entraîner à se défendre face aux insultes

Personne n’aime se voir dicter sa conduite, c’est pourquoi nous entraînons nos participants à oser s’exprimer et à tenir bon. Voici quelques réactions fréquentes et des manières d’y répondre :

Réaction humour : « Tu ne sais pas rire ? » Réponse suggérée : « D’habitude j’aime bien ton humour, mais là, ça me blesse. Faire du mal, ce n’est pas drôle. »

Réaction minimisation : « Tu exagères, tu es trop sensible. » Réponse suggérée : « C’est possible. Pourtant, ces paroles me mettent mal à l’aise. Et si on parlait d’autre chose ? »

Réaction “ce n’est pas grave” : « De toute façon, il n’est même pas là. » Réponse suggérée : « Je comprends que tu penses que ça ne compte pas, mais parler dans le dos de quelqu’un, ça peut lui porter préjudice. »

Réaction “franchise” : « Je donne juste mon avis, on est libres ici. » Réponse suggérée : « Tu as le droit d’avoir ton opinion, mais j’ai aussi celui de demander qu’on s’exprime autrement ou qu’on change de sujet. Si quelqu’un parlait comme ça de toi, surtout si c’est quelqu’un d’important pour toi, tu n’apprécierais pas. »

Réaction “je voulais aider” : « Je voulais juste être utile. Tu refuses la vérité ? » Réponse suggérée : « Merci pour l’intention. Mais d’après mon expérience, ce genre de remarque ne m’aide jamais. Parle-moi d’autre chose, s’il te plaît. »

Réaction blâme : « C’est ta faute, tu m’as mis en colère ! » Réponse suggérée : « Je regrette que tu sois énervé. Mais être insultant, c’est ton choix. La prochaine fois, dis-moi ce qui t’a déplu, mais sans agressivité. »

Réaction fuite : « Tu as tort parce que… » (changement de sujet) Réponse suggérée : « J’entends que tu as un problème, mais là, on parle d’autre chose. Si tu veux, on en discute plus tard ; pour l’instant, arrête les insultes. »

Réaction menace : « Tu vas le regretter ! » Réponse suggérée : « Stop ou je pars. Stop ou j’en parle à quelqu’un. » (Et parfois, mieux vaut partir sans ajouter un mot.)

Réaction déni : « Je n’ai jamais dit ça ! » Réponse suggérée : (Si le doute existe) « Si c’est le cas, je m’excuse d’avoir pu penser que tu pourrais dire une chose pareille. »

(Si la situation se répète) « On n’a pas la même mémoire, mais on est d’accord que ce serait grave de le dire, non ? »

Les jeunes rechignent parfois à s’exercer à ces réponses, mais le travail paye : ils se sentent mieux armés pour affronter moqueries et mauvaise foi.

Montrer l’exemple face à la critique

Chacun peut se reconnaître dans une ou plusieurs de ces réactions défensives, moi la première. Un échange respectueux demande des efforts des deux côtés. Si l’on veut encourager les jeunes à bannir les railleries, il faut que les adultes s’y tiennent aussi. Cela demande parfois un vrai dépassement de soi, mais c’est indispensable de montrer qu’on sait écouter quelqu’un qui se sent blessé par nos actes ou paroles. On n’a pas besoin d’être d’accord, mais la disponibilité à entendre l’autre fait toute la différence.

Si une personne se sent mal à cause de nos mots ou de notre attitude, on peut tout simplement dire : « Je suis désolé si j’ai blessé. » En cas d’erreur, reconnaître ses torts : « Je me suis trompé, c’était maladroit. » Et si la remarque venait d’une préoccupation sincère : « Je ne voulais pas blesser, mais j’avais un point à aborder. Peux-tu me dire comment en parler sans te heurter ? »

Voir les adultes présenter des excuses, c’est marquant pour les enfants

On peut expliquer aux enfants, dès qu’ils sont en âge de comprendre : personne n’est parfait, tout le monde commet des maladresses. Si quelqu’un n’apprécie pas un de tes gestes ou paroles, il peut être contrarié. Avant de réagir, mieux vaut prendre un temps pour écouter, poser des questions, comprendre ce qui a blessé. Même sans être d’accord, reconnaître la peine de l’autre et présenter ses excuses, c’est un vrai pas vers la maturité relationnelle.


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Irene van der Zande

Directrice exécutive et fondatrice

Auteure reconnue

Copyright 2020, aujourd’hui. Une publication Kidpower Teenpower Fullpower International. Tous droits réservés.

Article publié en français : 9 mars 2013 | Dernière mise à jour : 29 septembre 2017 | Lire la version originale anglaise Article publié en français : 5 novembre 2020 Dernière mise à jour : 5 novembre 2020 , 2020

À propos de l’auteur


Irene van der Zande, Fondatrice de Kidpower. Depuis 1989, elle dirige Kidpower International, enseigne la sécurité à travers le concret, les histoires et la pratique, et inspire des milliers de personnes à faire de même. Son expertise en protection de l’enfance et sécurité personnelle a été reconnue dans USA Today, CNN, Today Moms, LA Times ou encore The Wall Street Journal.

Parmi ses ouvrages, on retrouve notamment :

  • La série Kidpower Safety BD
  • Les livres d’animation éducatifs Kidpower et les histoires sociales Kidpower
  • L’intimidation : ce que doivent savoir et faire les adultes pour protéger les enfants
  • Le Safety Handbook for Adolescents and Adults
  • Kidpower Book for Caring Adults : sécurité personnelle, auto-protection, confiance et défense des jeunes
  • Moment enseignant le plus tôt : la sécurité personnelle pour les bébés, les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire
  • Un mouvement fort : introduction illustrée à l’apprentissage de la défense de soi
  • Le best-seller Amazon « Faire Right by Our Kids : Protéger la sécurité des enfants à tous les niveaux »

Voir un adulte assumer ses mots, réparer, c’est offrir aux enfants une boussole précieuse. C’est là que commence une éducation à la hauteur de nos espérances.

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